đź Resident Evil 2
Dans un dĂ©sordre dĂ©concertant, jâai jouĂ© Ă TOUS les Ă©pisodes de la saga Resident Evil: dâabord, le troisiĂšme Ă©pisode, dans son port PC, prĂȘtĂ© par un pote, puis le (trĂšs diffĂ©rent) quatriĂšme Ă©pisode et l'Ă©pisode ZĂ©ro, sĂ»rement en Ă©mulation GameCube, et enfin l'original sur PSP. Avant dâallumer ma PS3 pour y platiner le Remake du premier, Code Veronica et le cinquiĂšme Ă©pisode dans la foulĂ©e, avant de faire lâimpasse du trĂšs nanardesque sixiĂšme Ă©pisodeâŠ
Ce qui, en dehors de certains spinoffs parfois douteux, et du renouveau de la saga, me laissait un sacrĂ© trou dans mon historique. Un âtrouâ quâun de mes amis appelait mĂȘme âlâun des meilleurs jeux de lâhistoireâ. Et ce nâĂ©tait pas ma lecture de lâadaptation en livre par S. D. Perry qui suffirait Ă le combler!
Les résidents sont éviles
Dans le premier Ă©pisode de la saga, on dĂ©couvrait Jill, et Chris membres dâune section spĂ©ciale dâassaut de la petite ville de Racoon City, perdus dans un manoir au beau milieu dâune forĂȘt oĂč se tramait (Ă leur insu) une sombre machination: la compagnie pharmaceutique Umbrella a mis au point un virus bactĂ©riologique, le T-Virus, elle sâen sert pour dĂ©velopper de monstrueuses armes bio-organiques, et elle veut utiliser nos hĂ©ros comme dĂ©monstration des capacitĂ©s de leurs armes. Au terme dâune nuit dâhorreur au cours de laquelle le joueur incarnait le personnage de son choix, les deux hĂ©ros sâĂ©chappaient, et une suite Ă©tait vite mise en chantier.
Celle-ci se dĂ©roule deux mois plus tard. Juste assez pour que le T-Virus se soit propagĂ© dans Racoon City et que la population entiĂšre ait fini zombifiĂ©e. Toute? MĂȘme Chris et Jill? Le joueur ne le saura pas de suite, car le jeu met en place un nouveau duo pour affronter les monstres: Claire, la petite soeur de Chris, Ă la recherche de son frĂšre, et Leon, jeune bleusaille qui rejoint la police municipale de la ville face Ă la pire crise de son histoireâŠ
MĂȘme si la ville entiĂšre est touchĂ©e, Ă la maniĂšre du premier Ă©pisode, lâhistoire passera vite du commissariat de la ville, aux Ă©gouts, jusquâau laboratoire souterrain dâUmbrellaâŠ
Deux lignes, pas dâattente
Dans le premier Ă©pisode, choisir dâincarner Jill ou Chris revenait Ă choisir la difficultĂ©1. Ici, le principe est poussĂ© plus loin, et les aventures des deux protagonistes deviennent Ă la fois parallĂšles et sĂ©quentielles: lâon peut ainsi faire lâaventure avec Claire, puis la âcontinuerâ avec Leon, qui devra donc jouer sa propre aventure, mais avec les consĂ©quences de lâaventure de Claire2 et des boss supplĂ©mentaires, dont le (vrai) boss final.
Ce systĂšme, intitulĂ© âScĂ©narios A/Bâ est trĂšs plaisant, mĂȘme sâil sâavĂšre rempli de trous. Ainsi, les deux personnages vont bien explorer les mĂȘmes zones, mais auront leurs propres transitions entre ces zones: Claire a besoin de trois pierres (dont une en 2 morceaux, donc 4) pour quitter le commissariat par une porte secrĂšte, tandis que Leon aura besoin de quatre prises pour activer une porte diffĂ©rente. Le trou, câest que les deux personnages trouveront leurs quatre Ă©lĂ©ments aux mĂȘmes endroits, mĂȘme si les cheminements ne seront pas les mĂȘmes. Mais pour beaucoup dâautres systĂšmes, le jeu gardera en mĂ©moire que le premier joueur est passĂ© lĂ avant, ce qui forcera le second joueur Ă rappeler le tĂ©lĂ©phĂ©rique utilisĂ© par le premier, ou Ă affronter le boss quâil nâa pas voulu (ou pu) terminer.
ContrĂŽles de tank
Le gĂ©nie de ce systĂšme est encore plus Ă©vident lorsque lâon joue aux modes âbonusâ. Le premier, âHunk, the 4th Survivorâ consiste Ă suivre une ligne droite Ă traverser les environnements principaux du jeu avec un Ă©quipement rĂ©duit pour survivre, tandis que le second, âExtreme Battleâ, dĂ©verrouille toutes les portes et invite le joueur Ă chercher des objets cachĂ©s au hasard dans des zones du commissariat.
A ce moment-lĂ , aprĂšs avoir fait quatre fois le tour du jeu3, puis des parties en mode bonus, jâai rĂ©alisĂ© Ă quel point un environnement aussi âsimpleâ quâun commissariat pouvait, entre de bonnes mains, ĂȘtre rĂ©utilisĂ© presque Ă lâinfini. On se moque souvent des puzzles de Resident Evil4, mais la maniĂšre dont ils sont agencĂ©s permet de maĂźtriser lâespace de dĂ©placement du joueur et son potentiel dâexploration. Ainsi, si un joueur qui connaĂźt son environnement pourra terminer le jeu en deux heures5 sans trop de difficultĂ©s, mais pour un joueur qui dĂ©couvre, il faudra plus de temps, plus dâessais, plus de recherches, de galĂšres,⊠justifiant totalement sa durĂ©e de vie.
Répétivitionté
Dans Resident Evil 3: Nemesis, le Nemesis titulaire est un Tyrant (le boss du premier jeu) qui poursuit le joueur Ă plusieurs moments clĂ©s du jeu, interrompt son aventure, et peut ĂȘtre battu mais pas dĂ©truit. Dans le remake de Resident Evil 2, la promo a beaucoup mis en avant Mr. X, un Tyrant qui poursuit le joueur dâune maniĂšre similaire Ă Nemesis. Nâayant jamais vu ce Mr. X, jâĂ©tais donc persuadĂ© de nâavoir jamais fait cet Ă©pisode sous sa version originale.
Cette impression sâest Ă©tiolĂ©e Ă mesure que jâavançais dans le jeu. Et encore plus lorsque jâai atteint le âScĂ©nario Bâ, oĂč Mr. X fait son apparition. Je me suis donc rĂ©ellement posĂ© la question: aurais-je dĂ©jĂ terminĂ© Resident Evil 2 par le passĂ©, mais uniquement en ScĂ©nario A? La question nâest malheureusement pas aussi incongrue quâelle en a lâair. Le commissariat? On le traverse en long, large, et travers dans Resident Evil 3. Lâascenseur vers le laboratoire secret? On le traverse dans Resident Evil Zero. Et ce nâest pas un accident ou de la paresse liĂ©e au modĂšle technique des Ă©pisodes classiques6: le manoir du premier Resident Evil sera rĂ©utilisĂ©, presque Ă lâidentique, dans Code Veronica, puis dans un DLC du cinquiĂšme Ă©pisode⊠Ainsi, soit ma mĂ©moire a Ă©tĂ© trompĂ©e par la quantitĂ© de clins dâoeil que la sĂ©rie se fait Ă elle-mĂȘme, soit jâai dĂ©jĂ fait une partie de Resident Evil 2 par le passĂ©âŠque jâaurais tout aussitĂŽt oubliĂ©e en lâassociant Ă dâautres Ă©pisodes!
Une vingtaine dâheure de jeu mâaura suffi Ă connaĂźtre presque par coeur chaque recoin du cĂ©lĂšbre commissariat de Racoon City, et trĂšs Ă©trangement, chaque course supplĂ©mentaire Ă travers ses couloirs mâa plu, alors que je ne suis pas vraiment un joueur qui apprĂ©cie refaire mes jeux7. Preuve en est que mon ami avait bien raison: Resident EVil 2 est lâun des meilleurs jeux du monde.
Les deux personnages suivent sensiblement la mĂȘme histoire, en miroir, mais Jill a plus de place dans son inventaire, un personnage qui lâaide,⊠tandis que Chris nĂ©cessite une maĂźtrise plus poussĂ©e du gameplay. ↩︎
Par exemple, est-ce que le premier personnage a pris des armes pour lui, ou les a laissĂ©es pour le personnage qui passerait aprĂšs? ↩︎
Jâai commencĂ© par le scĂ©nario (canonique) âClaire A/Leon Bâ, et je me suis dit que ça serait marrant dâenchaĂźner sur âLeon A/Claire Bâ pour voir les diffĂ©rences. ↩︎
TrĂšs littĂ©ralement: il faut retirer lâemblĂšme Licorne dâun mur, le mettre sous la statue de lâentrĂ©e, pour avoir la ClĂ© de TrĂšfle, qui ouvre la salle des archives, dans laquelle se trouve une manivelle, qui permet de faire descendre un escalier, pour accĂ©der Ă une salle oĂč placer une roue dentĂ©e en or (rĂ©cupĂ©rĂ©e dans une autre Ă©nigme) pour obtenir lâun des quatre objets nĂ©cessaires pour quitter le commissariat. ↩︎
Si lâon exclut les diffĂ©rences de chargement selon les plateformes, les speedruns sont tous aux alentours dâune heure et dix minutes par scĂ©nario. ↩︎
Les quatre premiers jeux, du ZĂ©ro jusquâau 3, sont tous en camĂ©ra figĂ©e. ↩︎
Exception faite du NG+ de certains RPGs. ↩︎
