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📺 South Park (Avant 2001)

J’ai eu trois époques avec la série South Park: j’ai dû attendre d’avoir dix ans pour avoir le droit de la regarder, alors qu’elle était THE truc à mater pour les enfants de mon âge et j’ai rigolé devant les premières saisons, puis j’ai abandonné et laissé filer la série de loin, et depuis dix ans, avec la manière dont la série collait à l’actualité, je suis retombé dedans.

Ayant donc un trou de 267 épisodes sur mon compte BetaSéries, j’ai décidé de reprendre toute la série depuis le début, et en version française.

Du pipi et du caca

À l’origine, South Park baigne dans le chaos primitif: quatre enfants naïfs, des extraterrestres, des monstres, des clones, les morts à répétition de Kenny,… La série dépeint une certaine vision de l’Amérique, et en fait la satire politique et religieuse, mettant même en scène Jésus, Satan, et Dieu (oui, LE Dieu) comme personnages secondaires de la série. Avec le film1, la série ancre encore plus son message et s’exporte même jusqu’aux Oscars2, se posant fièrement comme une référence stable de l’humour américain, au même titre que Les Simpson, même si elle est de sept ans sa cadette.

L’autre grand ressort comique de la série se trouve dans son cynisme, qui consiste à tourner le sérieux en dérision, et à transposer les enfants dans un univers trop sérieux pour eux afin de faire la satire du monde dans lequel nous vivons et pointer du doigt sa folie. Les enfants seront donc appelés à sauver l'esprit de Noël, gérer un festival de cinéma, organiser un concert digne de Woodstock, le passage à l'an 2000, bombarder Pearl Harbor, refaire les lois, empêcher la pédophilie de s'installer en ville, faire face au passé raciste de leur ville,…

Il y a aussi un aspect étrange à revoir une Amérique qui n’a pas encore été marquée par le traumatisme du 11 septembre: toute la satire est affreusement familière, et pourtant, on y ressent une insouciance que l’on ne retrouvera plus jamais.

“Ça m’troue l’cul”

Mais le vrai plaisir de retrouver la série en VF, c’est redécouvrir tout le soin apporté à celle-ci, et à quel point elle a marqué. Au-delà de la grossièreté des propos, il y a un effort d’adaptation constant sur les jeux de mots et expressions, au point que certaines, inventées par William Coryn, ont totalement imprégné le langage courant, et sont toujours aussi agréables à entendre qu’à prononcer soi-même…

Dans ces quatre saisons, on découvre donc une base très simple, mais très saine, et qu’il sera aisé pour les auteurs d’étoffer par la suite. En fait, la série n’est pas immature: elle est encore en phase d’expérimentation. Et surtout, tout le sens du timing humoristique qui va faire et refaire le succès de la série est déjà posé et maîtrisé, rendant la série prête pour la suite, dans une Amérique qui va changer au plus profond d’elle-même…jusque dans ce petit village de montagne…


  1. Un film au canonisme digne d’un film DBZ, vu qu’il est sorti entre les saisons 3 et 4, sert de pseudo-origine à la série, et que la croisade contre Terrance & Philippe par la mère de Kyle a déjà eu lieu dans l’épisode La Mort… ↩︎

  2. Pour une nomination dans la catégorie “Oscar de la Meilleure Chanson”, mais il ne remportera pas de statuette. ↩︎

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