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đŸ“ș South Park (Avant 2011)

Le dessin animĂ© South Park a dĂ©marrĂ© avec assez de succĂšs pour s’assurer un futur pĂ©renne. La sĂ©rie va donc pouvoir se permettre de poursuivre sa recherche de l’humour.

Un adulte dessin animé

La cinquiĂšme saison dĂ©marre en juin 2001, et dĂ©jĂ , la sĂ©rie va plus loin: Cartman passe d’un gamin insupportable Ă  un vĂ©ritable gĂ©nie malĂ©fique, des personnages secondaires, dont certains totalement acides, viennent rejoindre le cast, et le running gag des morts de Kenny est Ă©vacuĂ© avec gravitĂ©.

Mais la sĂ©rie sait garder la voix qui a fait sa notoriĂ©tĂ©. Ainsi, les enfants affrontent l'ennemi public numĂ©ro 1 des USA au rythme des Looney Tunes, et la sĂ©rie continue dans la critique sociale en s’attaquant frontalement au racisme par une mĂ©taphore inversĂ©e totalement dingue.

Ainsi, si la sĂ©rie rĂ©fĂ©rençait dĂ©jĂ  la pop culture, elle devient une machine de commentaire culturel en temps rĂ©el: les films ( Le Seigneur des Anneaux, La Chute du Faucon Noir, La Passion du Christ), mais aussi dĂ©sormais les jeux vidĂ©o ( en ligne, ou de guitares virtuelles
), la politique1, les religions (l’ Ă©glise catholique, la scientologie et les caricatures religieuses), et des sujets de sociĂ©tĂ©, comme la mode gay Ă  la tĂ©lĂ©, la sexualisation des jeunes filles, la diffĂ©rence de traitement entre la violence et le sexe Ă  la tĂ©lĂ©vision, des insultes homophobes et racistes,


Toujours aussi sale gosse, la sĂ©rie continue d’inverser les rĂŽles pour mettre le doigt sur la folie du monde. Ainsi, on enverra les enfants en camp de la mort de tolĂ©rance, la ville sera rachetĂ©e par des natifs amĂ©ricains qui veulent Ă©tendre leur territoire, Butters se fera avoir par une serveuse sexy, et un Ă©pisode entier sera dĂ©diĂ© Ă  dĂ©crier le "deux poids, deux mesures" des comportements puants chez les hommes, et surtout les riches et puissants.

Quant aux enfants, ils se retrouveront Ă  nouveau Ă  vivre des aventures d’adultes, et Ă  bosser comme inspecteurs de police, chanteurs de rock chrĂ©tien, catcheurs, rabatteurs, membres de la conspiration du onze septembre,


C’est dans cette pĂ©riode que je rĂ©alise Ă  quel point South Park, en plus de s’inspirer du monde, se met aussi Ă  l’inspirer. Ainsi, l’épisode Canada en grĂšve2 contient une reprise animĂ©e What, What in the Butt</wiki> devenue tout aussi cĂ©lĂšbre que l'originale (qui savait qu'il en existait une?).

À noter aussi l’épisode sur l'Ă©lection prĂ©sidentielle amĂ©ricaine de 2008, qui imagine les deux camps opposĂ©s comme des alliĂ©s qui cherchent juste Ă  accĂ©der Ă  la Maison Blanche pour commettre le casse du siĂšcle, dans le style d’Ocean’s Eleven, et diffusĂ© le lendemain de l'Ă©lection. Cette performance renforce la renommĂ©e de la sĂ©rie: elle devient l’un des rares programmes capables de transformer l’actualitĂ© brĂ»lante en satire cohĂ©rente en quelques jours.

“Vous me broyez les couilles, Randy”

Là encore, la VF est sublime. Gros bonus: dans l'épisode "cross-over non-officiel" avec South Park et Les Griffin, Peter Griffin ainsi que Bart Simpson sont tous deux doublés par leurs voix françaises officielles.

Cette pĂ©riode se termine en apothĂ©ose. D’une part, la sĂ©rie atteint les 200 Ă©pisodes, avec deux Ă©pisodes si controversĂ©s qu’ils seront censurĂ©s par la chaĂźne et jamais adaptĂ©s en VF, et surtout, avant mĂȘme les Avengers, les alter-Ă©go hĂ©roĂŻques des enfants sont rĂ©unis dans un cross-over, oĂč sera rĂ©vĂ©lĂ© le secret des morts Ă  rĂ©pĂ©tition de Kenny. La boucle est bouclĂ©e, la sĂ©rie est clairement Ă  son apogĂ©e.


  1. Renforçant le cynisme des auteurs
 ↩︎

  2. “J’suis pas ton pote, mon gars!” ↩︎

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