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🎬 The Sky Crawlers

Il y a quelque chose de trĂšs particulier dans le cinĂ©ma de Mamoru Oshii: le rĂ©alisateur s’est souvent appropriĂ© les univers de cĂ©lĂšbres animes ou mangas pour diffuser ses questionnements philosophiques1.

Cela dit, avec ce film qui adapte un roman, je ne sais pas si sa relecture est si loin de l’original


La guerre c’est la paix

Dans le monde de The Sky Crawlers, on ne fait plus la guerre. Enfin, “on”. Ce n’est plus “vous et moi”, mais des Kildren, des des humanoĂŻdes créés pour garder une apparence jeune, ne jamais vieillir, et surtout, ĂȘtre utilisĂ©s par les derniers pouvoirs militaires pour s’affronter, comme un divertissement pour la population qui vit “en paix”.

C’est une idĂ©e pas trop nouvelle pour la science-fiction, beaucoup d’oeuvres ayant abordĂ© l’idĂ©e d’une sociĂ©tĂ© gardĂ©e sous contrĂŽle par des guerres sans but ni fin. En mars 2026, et alors que les USAs et Israel font un concours de qui sera le premier Ă  dĂ©zinguer le prochain guide suprĂȘme de l’Iran, ce propos paraĂźt encore plus prophĂ©tique.

Des avions au sol

Au milieu de cette guerre, on passe assez peu de temps dans le ciel. Le film choisit un mĂ©lange assez dĂ©rangeant de dĂ©cors en images de synthĂšse et de personnages animĂ©s Ă  la main. Pas dĂ©rangeant car mauvais, mais par l’image qui en ressort, comme un dĂ©calage entre le monde et ses protagonistes.

De mĂȘme, on s’attarde longtemps sur les paysages, les scĂšnes de vie quotidienne. Comme d’habitude, le maĂźtre aime prendre son temps et enchaĂźner les longs silences.

Je ne sais pas s’il en est de mĂȘme pour le roman original, mais le film arrive Ă  produire ce mĂ©lange Ă©trange: une histoire a bien Ă©tĂ© racontĂ©e, des choses se sont bien produites, une intrigue a Ă©tĂ© posĂ©e et Ă  peu prĂšs rĂ©solue, et pourtant, j’ai l’impression que nous ne sommes allĂ©s nul part. Comme cette guerre.


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