đź Another World
Jâai dĂ©jĂ parlĂ© ici dâĂric Chahi et de lâadmiration que je lui porte, mais je nâai que peu parlĂ© de son jeu. Je lâai longtemps piratĂ© Ă gauche Ă droite, surtout entre le PC et la Super Nintendo, avant dâenfin lâacheterâŠsur PS3. Oui, tout arrive.
Depuis peu, jâai sombrĂ© dans la drogue des RetroAchievements, qui sont pratiques pour me donner des sortes de âdirectionsâ pour jouer Ă des jeux lorsque je fais une pause entre deux sĂ©ances dâĂ©criture de code. Et parmi elles, jâai donc relancĂ© ce monument afin dâen rĂ©cupĂ©rer tous les achievements.
Out of This World
Vu quâil existait dĂ©jĂ un soap opera portant ce nom1, lâĂ©diteur de lâĂ©poque choisit de renommer le jeu Out of This World, ce qui sera donc le nom de cette version sur Super Nintendo. En dehors de ce titre inattendu pour le joueur europĂ©en, il diffĂšre peu des autres versions: le port de Rebecca Heineman a âjusteâ consistĂ© Ă traduire le code de lâinterprĂ©teur, du code assembleur 68K original vers le 65C8162 de la SNES (qui Ă©tait aussi le processeur de lâApple IIGS sur lequel elle travaillait, comme quoi!). Un processus qui nâaura pris que 2-3 semaines, et sera surtout ralenti par la âsympathieâ de Nintendo envers les petits dĂ©veloppeurs/Ă©diteurs Ă©trangersâŠ
Du fait de la rĂ©solution infĂ©rieure de la console de salon, celle-ci est bien plus pixelisĂ©e, mais au final, le gameplay reste le mĂȘme.
Press X to win
Je nâai jamais eu dâAmiga, donc je nâai aucune idĂ©e des contrĂŽles des jeux. Sur PC, je garde le souvenir des flĂšches de direction et des touches Ctrl, Space, Alt., Esc,.. La manette de la SNES est bien plus standardisĂ©e avec son pad directionnel et ses six boutons, ce qui relĂšve du luxe: comme Prince of Persia, dont il sâinspire, le jeu nâinclut que deux actions: un saut, et une action.
Mais contrairement Ă cet aĂźnĂ© que lâon pourrait lâaccuser de plagier, le chef-dâoeuvre dâ Ăric Chahi ne se limite pas Ă ces vues de cĂŽtĂ© et donne au genre lâune de ses futures caractĂ©ristiques: la cinĂ©matographie.
Avant mĂȘme de jouer au jeu, juste en voyant l'intro du jeu, les joueurs de 1991 (dont jâai fait partie) ont subi le mĂȘme shoot dans les yeux que ceux qui ont dĂ©couvert la cinĂ©matique dâintro de Final Fantasy VII en 1997. Imaginez un peu: notre hĂ©ros, Lester Chaykin, un chercheur en physique des particules, arrive en Ferrari Ă son laboratoire souterrain. ArrivĂ© dans son bureau, son ordinateur le scanne, et commente la prĂ©sence des clĂ©s de sa voiture dans ses poches. Assis devant un Ă©cran futuriste dotĂ© de profondeur, il lance lâexpĂ©rience: on va accĂ©lĂ©rer des particules pour crĂ©er de lâantimatiĂšre. Et tandis quâil savoure une (derniĂšre) biĂšre assis Ă son bureau, et que les particules sâaccĂ©lĂšrent, la foudre tombe sur le labo, interagit avec les particules, et⊠dĂ©sintĂšgre totalement le bureau, ne laissant plus place quâĂ un trou bĂ©ant.
Je rĂȘvais dâun autre monde
LâarrivĂ©e est brutale: le bureau, et Lester se matĂ©rialisent au milieu dâun bassin. Rien Ă lâĂ©cran nâindique au joueur quâil a le contrĂŽle, et il dĂ©couvrira vite la premiĂšre des nombreuses morts du jeu: attrapĂ© par les tentacules dâanimaux qui vivent au fond de ce bassin.
Car oui, dans cet autre monde, (presque) TOUT veut vous tuer: dans ce premier niveau, avant mĂȘme que Lester ne dĂ©couvre une trace de vie intelligente, il sera confrontĂ© Ă des animaux sous-marins dont on ne verra que les tentacules (qui peuvent aussi lâattraper sâil reste trop prĂšs du bassin), des limaces aux dards empoisonnĂ©s qui perceront son jean, ou une espĂšce de taureau aux crocs acĂ©rĂ©s.
Ă la fin de ce premier niveau, on dĂ©couvrira une forme de vie intelligente, tout aussi peu amicale envers le joueur, et Ă lâarchitecture Ă©trangement rustique pour une culture qui maĂźtrise les technologies des lasers dĂ©sintĂ©grateurs, des boucliers laser, des ascenseurs anti-gravitĂ©, une Ă©nergie analogue Ă lâĂ©lectricitĂ© et lâĂ©clairage,⊠De cette sociĂ©tĂ© Ă©trange, Ă lâapparence humanoĂŻde presque troglodyte, seul son compagnon de cellule lâaidera dans sa fuite, dans une relation trĂšs rĂ©aliste, qui se raconte et Ă©volue sans dialogues.
Lâaventure nâest pas longue. Un speedrun se termine en moins de dix minutes, et nâabuse que de quelques bugs. La durĂ©e viendra surtout des multiples morts du joueur qui le mĂšneront Ă recommencer certaines sĂ©quences. Parfois aussi de la difficultĂ© Ă dĂ©terminer de lâordre prĂ©cis des actions Ă effectuer, mĂȘme si le joueur bloquĂ© trouvera forcĂ©ment la solution Ă un moment. Afin de ne pas lasser le joueur, entre deux sĂ©quences de plate-formes, des sĂ©quences proposeront des gameplays diffĂ©rents: du shooting, une fuite Ă travers des Ă©gouts, une conduite de tank,âŠ
Ce jeu a trente-cinq ans, et mĂȘme ses versions pixelisĂ©es nâont pas pris une ride. Clairement, un jeu auquel tout le monde doit jouer. Vous pouvez mĂȘme y jouer dans votre navigateur: vous nâavez plus dâexcuses.
Un feuilleton qui durera de 1964 Ă 1999. ↩︎
Un processeur assez bordĂ©lique avec lequel je mâamuse en ce moment sur Ghidra. ↩︎
