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đŸ“ș Good Omens

Depuis que ma prof de Français prĂ©fĂ©rĂ©e m’a recommandĂ© de lire le comic-book The Sandman, l’oeuvre a Ă©tĂ© une des pierres angulaires de ma vie, mais cette apprĂ©ciation ne s’est pas vraiment Ă©tendue au reste du corpus de son auteur, et vu les rĂ©vĂ©lations rĂ©centes sur ses comportements problĂ©matiques, je n’en ai plus vraiment envie. Et de toutes façons, l'adaptation tĂ©lĂ©visuelle ne m’a pas convaincu un brin, et elle a vite Ă©tĂ© cancel.

Quelle surprise donc, qu’en 2026, une troisiĂšme saison vienne clĂŽturer l’adaptation tĂ©lĂ© du roman De bons prĂ©sages co-Ă©crit par Gaiman avec Terry Pratchett.

Anges et démons

À peu de choses prĂšs, on pourrait se croire dans un roman de Marc Levy: il y a la terre, le ciel, et l’enfer, les deux derniers Ă©tant rĂ©gis comme la pire des bureaucraties1, et au milieu de tout ça, un ange et un dĂ©mon qui apprĂ©cient leur vie sur terre, et dont nous suivrons l’histoire amoureuse.

La premiĂšre saison adaptait totalement le roman original, et c’était trĂšs sympa: ces heterosexual life-partners, amis depuis des milliers d’annĂ©es, et prĂ©sentĂ©s comme un vieux couple, se trouvaient soudainement le dernier rempart contre l’Apocalypse, causĂ©e par l’arrivĂ©e de l’AntĂ©christ. De ma connaissance des auteurs, j’ai envie de croire que l’hilaritĂ© du propos vient de Pratchett2, tandis que la patte mystique revient Ă  Gaiman. C’est un mix trĂšs Ă©quilibrĂ©, pour ne jamais contredire l’intĂ©rĂȘt du rĂ©cit, ni donner l’impression que l’intrigue serait “facile”.

Et en plus, l’acting est au top: David Tennant y incarne Rampa, le dĂ©mon, tandis que Michael Sheen, que je connaissais moins bien, est Aziraphale, l’ange. L’alchimie est indĂ©niable entre les deux, qui expriment avec brio l’étrange mĂ©lange d’admiration et d’exaspĂ©ration qu’ils ressentent l’un envers l’autre.

Much omens about nothing

Un seul Ă©pisode en guise de troisiĂšme saison, donc. Je ne savais mĂȘme pas qu’il y avait une seconde saison, et j’ai donc enchaĂźnĂ© les deux. Ce que je ne savais pas non plus, c’est que le roman original n’avait jamais eu de suite, et que ces deux saisons se basaient donc sur des idĂ©es Ă©laborĂ©es par les auteurs dans le projet d’une suite qui n’a jamais vu le jour, et qu’en plus, Gaiman ayant Ă©tĂ© Ă©cartĂ© du projet, l’influence des idĂ©es des auteurs s’était vite diluĂ©e


Donc, la seconde saison traite briĂšvement de deux histoires d’amour qui se dĂ©roulent en parallĂšle Ă  celle de nos hĂ©ros. C’est sympathique, mais trĂšs farfelu, avec encore certaines sĂ©quences dont j’ignore totalement l’apport Ă  l’intrigue. C’est aussi trĂšs cheap. J’ai l’impression que toute la sĂ©rie se dĂ©roule dans le huis clos de la librairie d’Aziraphale, et au final, mĂȘme si les trois histoires ont toutes des conclusions diffĂ©rentes, ça m’ennuie. Le mystique semble ĂȘtre mis en retrait pour laisser la place Ă  une histoire d’amour, comme si les shippers avaient gagnĂ© et que ces personnages devaient forcĂ©ment finir par s’embrasser.

La saison 3 fait l’inverse: le mystique reprend sa place, l’humour disparaĂźt totalement, et on revient Ă  l’histoire d’amour principale comme Ă©pine dorsale de l’intrigue et
 ça ne colle pas pour moi. À la maniĂšre de Rincevent dans les annales du Disque-monde, les hĂ©ros avaient un cĂŽtĂ© “membre insignifiant de cet univers” qui faisait d’eux les personnes les moins adaptĂ©es pour sauver l’univers, et rendait leur placement en plein milieu de l’intrigue aussi jouissif que le chaos d’un chien dans un jeu de quilles. Pour moi, leur donner trop d’importance dans l’intrigue globale dessert le propos.

Clairement, l’absence de Pratchett, puis de Gaiman, n’a pas aidĂ© la sĂ©rie. Certains y trouveront peut-ĂȘtre la dose de shipping dont ils ont besoin, mais pour moi, c’est le gĂąchis d’une histoire qui se suffisait Ă  elle-mĂȘme.


  1. Pour un humour au poil, celle-ci est calquĂ©e sur la sociĂ©tĂ© britannique. ↩︎

  2. Qui d’autre aurait pu Ă©crire que Pestilence prendrait sa retraite des Cavaliers de l'Apocalypse aprĂšs l’invention de la PĂ©nicilline? ↩︎

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