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📺 R.I.S. Police Scientifique

Suite à une énième vidéo du type "Expert en X analyse films/séries", j’ai découvert cette série d’enquêtes française dont je n’avais jamais entendu parler. Alors qu’elle avait neuf saisons. Neuf. Neuf ans à la télé, et jamais son nom n’est parvenu à mes oreilles. Quelle pouvait en être la raison?

Je pourrais être une personne normale, et continuer New York, unité spéciale, ou enfin me lancer dans l’intégrale des Experts. Mais j’ai préféré donner sa chance à une série française.

Heavy Metal Légistes

Le premier truc qui surprend sur la page Wikipedia de la série, c’est la distribution. En temps normal, on a une liste à points, avec “Personnage, joué par Acteur”, mais ici on a droit à un TABLEAU, pas aussi joli que ceux des groupes de rock à l'histoire complexe, mais alors putain, même mon McDo n’avait pas autant de turnover.

Et puis si l’on regarde les cases, on découvre des mots étranges: démission, décédé,… Deux démissions, trois décès, et seulement trois personnages présents du premier au dernier épisode. Je me moque souvent de 24 Heures chrono, dont la fameuse CTU se fait attaquer dans ses locaux TROIS FOIS EN HUIT SAISONS alors qu’on parle d’une unité anti-terroriste d’élite aux US, mais on peut admettre que des terroristes veuillent s’en prendre aux anti-terros avant leur grosse opération. Mais là…? On parle d’un labo de police scientifique, et ils passent par TOUS les maux.

Petit aparté qui va prendre son importance: j’ai réfléchi cet été à l’écriture d’un roman d’enquêtes à Marseille, dans la lignée de Léo Loden, mais je tenais à pouvoir placer mon héros dans un environnement où le meurtre ne devienne pas son quotidien, ou une banalité: j’ai lu assez de Détective Conan pour savoir qu’à un moment, la seule présence d’un héros enquêteur aux aventures trop régulières peut produire un taux de criminalité local qui rivalise avec celui de Détroit1.

Ce n’est pas une fatalité, mais il est évident que l’on voudra toujours proposer “plus”, pour son propre plaisir, ou pour satisfaire les envies du public cible, et qu’une fois dans cet engrenage, il est dur de s’en sortir. C’est donc à peu près pour ça qu’au beau milieu de leurs enquêtes, somme toute assez banales, vu qu’ils sont légistes, et pas inspecteurs, ils se retrouvent parfois à être eux-mêmes les cibles du tueur du moment…

Des personnages et pas d’histoires

Mais pire que ces rocambolesques péripéties qui viennent perturber la vie tranquille de fonctionnaires au métier normalement simple, on réalise vite que ça…ne prend pas. Ça ne fonctionne pas car à aucun moment la série ne donne l’impression de vouloir construire ses personnages, et l’on comprend vite que ces mésaventures ne surviennent que car un acteur est en fin de contrat.

C’était déjà foutu dès la fin de la seconde saison: les personnages que l’on avait découverts avaient tous plus ou moins leur “arc vie personnelle” qui se mettait en place, en parallèle des enquêtes: un personnage découvrait que sa femme, qu’il croyait décédée dans un attentat terroriste, était encore en vie , et un autre entamait un flirt avec la fille handicapée d’un collègue de bureau,… Lorsqu’arrive la saison 3, le premier est parti à l’étranger pour retrouver sa femme sans prévenir personne, et la fille handicapée est partie étudier aux US, et plus personne ne mentionnera jamais ces deux personnages, comme si la série en avait honte.

Vers le milieu de la saison cinq, ils reviennent pour un caméo rapide. Le premier raconte que maintenant il bosse pour les services secrets, et participe à l’enquête du jour comme s’il faisait un cross-over avec sa propre série. La seconde revient et sert uniquement d’élément perturbateur à un couple en train de (très) lentement se former depuis deux saisons.

Ultime aveu d’échec: la neuvième saison de la série. À la manière de la Saison 9 de Scrubs, elle replace nos héros (enfin, ceux qui restent…) dans une espèce de reboot de la série, à bosser pour une nouvelle organisation qui porte toujours le même nom, et même avec un mini-arc de “Nos héros sont désabusés et ont rendu leurs tabliers…mais on les rappelle pour une dernière enquête” totalement pitoyable. C’est vraiment “On a un serial killer sur les bras, mais VOUS SEULS pouvez utiliser la science pour le débusquer!”, avec même un perso qui nous fait ses meilleures imitations de vieux flic qui en a trop vu et se défonce aux pilules, toujours dans cette même petite boîte en plastique orange que vous avez vue dans un million de films ou séries.

La série aurait pu plaire. Les enquêtes manquent de rigueur, mais elles sont sympathiques et donnent envie de manger des chips en cherchant dans la démarche de chaque personnage2 lequel donne le plus l’air d’être le tueur du jour. Malheureusement, dès qu’il s’agit des personnages, les lacunes d’écriture sont si fortes qu’il n’y a rien à sauver…


  1. Le spin-off Apprenti Criminel explore de manière hilarante cet aspect souvent ignoré du monde de Détective Conan. ↩︎

  2. Vu que, malheureusement, rien dans la science de la série ne vous permettra de deviner la résolution de l’enquête, et certaines sont franchement tordues… ↩︎

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