đź Just Cause 2
AprĂšs avoir enchainĂ© les RPGs, et une dĂ©convenue majeure dans les jeux dâaction-aventure, jâavais envie de neuf. Je ne sais pas par quel hasard, mais mon regard a croisĂ© celui de Just Cause 2, un jeu que jâavais dĂ©jĂ commencĂ©, sans vraiment trouver la motivation dâaller plus loin. Ce que jâai pu essayer cette fois.
Vertige de la liste
Il y a des jeux dont je sais que je ne prendrais pas de plaisir Ă les jouer, ce qui nâest pas un jugement de leur valeur de ma part, mais plutĂŽt une acceptation de mes gouts en tant que joueur. Ainsi, jâai beau revoir rĂ©guliĂšrement lâanimĂ© Steins;Gate ou mĂȘme celui dâ Unlimited Blade Works, lâidĂ©e de commencer les visual novels quâils adaptent me paraĂźt comme une tĂąche insurmontable: je ne suis pas lĂ pour lire tout ça. De mĂȘme, jâai beau admirer les libertĂ©s que Fallout ou Skyrim accordent au joueur, lâavalanche de chemins possibles et de choix Ă faire mâempĂȘche de me plonger dedans.
Ce qui est paradoxal, car jâai adorĂ© MGS4 au point de le terminer plus dâune fois, alors que je continue de reconnaĂźtre que certaines sĂ©quences mâont autant retirĂ© le contrĂŽle que si je lisais un livre.
Au milieu de tout ça, il y a les open-worlds Ă la GTA, avec leur quantitĂ© Ă©norme de missions, leur physique de bac Ă sable pour expĂ©rimenter, la multiplicitĂ© des gameplays,⊠Et bien je nâaccroche pas. MĂȘme les Far Cry, avec leurs tours de synchro, leurs objectifs Ă la pelle,⊠ne mâattirent pas.
Ce qui ressemble Ă une dĂ©claration hypocrite lorsque jâannonce que jâai fait tous les Assassin's Creed1, qui sont un peu le cas dâĂ©cole de ces pratiques, et que jâai adorĂ© parcourir leurs cartes cafies de missions, dâitems, de progression secondaire,⊠Oui, câest Ă©trange, mais sur cette formule, il suffit parfois dâun seul ingrĂ©dient qui change pour que je passe de la rĂ©pulsion Ă lâadmiration.
Ce qui, donc, est un peu le cas de cet Ă©pisode de la sĂ©rie Just Cause, qui sâĂ©tait faite connaĂźtre sur PlayStation 2 pour ses maps gigantesques et ses missions peu inspirĂ©es⊠Et pourtant, Ă©trangement, malgrĂ© la multiplicitĂ© des missions, leur rĂ©pĂ©titivitĂ©, les quĂȘtes de pixels pour trouver le dernier morceau dâinfrastructure dâun village,⊠Jâai adorĂ© mon voyage dans ce pays dont jâai dĂ©jĂ oubliĂ© le nom!
Le PĂ©trole, jâaurais dĂ» deviner
Presque pensĂ©e comme une blague, la sĂ©rie des Just Cause nous met dans la peau de Rico Rodriguez, un agent de lâAgency2 envoyĂ© dĂ©fendre les intĂ©rĂȘts de lâOncle Sam dans des dictatures bananiĂšres. Il faudra donc dĂ©truire des infrastructures, prendre le contrĂŽle de bases avancĂ©es, se lier Ă la rĂ©sistance locale, et repousser les puissances Ă©trangĂšres qui auraient lâoutrecuidance de vouloir faire de lâingĂ©rence sur ce pauvre pays en quĂȘte de dĂ©mocratie.
Câest drĂŽle, sans lâĂȘtre. Le jeu ne nie pas lâabsurditĂ© de son propos, ou mĂȘme des vellĂ©itĂ©s des factions en prĂ©sence, mais personne ne sâarrĂȘte pour faire un regard camĂ©ra et lĂącher âAlors quoi? Elle est pas juste ma cause?â comme le ferait un personnage dâun film de James Gunn qui veut Ă tout prix dĂ©samorcer son propos, au cas oĂč lâon lâaccuserait de se prendre trop au sĂ©rieux. Franchement, le scĂ©nario est un post-it, carrĂ©ment secondaire au jeu: il se compose de SEPT missions, obligatoires, tout le reste Ă©tant âDĂ©truis les infrastructures du pouvoir en place, et aide les rĂ©volutionnaires, et tu pourras dĂ©bloquer la prochaine missionâ, ce que le joueur pourra faire de multiples maniĂšres toutes plus folles les unes que les autres.
Pour rendre tout ça fun, le jeu repose sur deux mĂ©caniques: un grappin (qui peut VRAIMENT sâaccrocher Ă TOUT) et un parachute. Leur physique est parfois juste Ă un point frustrant, et permet mĂȘme de mĂ©langer les deux pour aisĂ©ment traverser toutes les zones de lâarchipel que Rico doit dĂ©livrer cette semaine. Si parfois les manipulations paraissent Ă©tranges, ou bien lâon ne comprend pas pourquoi lâon a perdu notre momentum, ça reste surprenamment bien maniable et dirigeable.
Bien plus que les vĂ©hicules en tout cas! Les voitures ont tendance Ă perdre la direction assistĂ©e au moindre choc et se retrouvent vite Ă patiner dans tous les sens. Les avions aussi ont Ă©tĂ© compliquĂ©s Ă manier, tant ils rĂ©clament un doigtĂ© prĂ©cis. Pas grave, jâai pu me rabattre sur les hĂ©licoptĂšres pour arroser de roquettes les bases du coin, tandis que Rico fredonnait la ChevauchĂ©e des Walkyries. Du grand cinĂ©ma.
Câest toujours le pĂ©trole
Au bout dâun moment pourtant, ce nâest pas la lassitude qui mâa envahi, mais la rĂ©alisation de lâabsurditĂ© de la situation: âAttends⊠toute lâĂ©conomie de cet archipel repose sur le pĂ©trole, si je dĂ©truis leurs raffineries en masse, comment vont-ils se relever?â. Clairement, dĂ©truire des statues du despote, ou jeter des grenades dans des camions de propagande reste une source intarissable de plaisir, mais au bout dâun moment, dĂ©truire toute lâindustrie pĂ©trochimique, et mĂȘme les diverses installations Ă©lectriques qui alimentent le village⊠On en vient Ă se demander qui Rico vient vraiment dĂ©livrer. Mais le jeu sâen fout, et câest un peu normal, tant il nâhĂ©site pas Ă prendre tout son propos over-the-top totalement au sĂ©rieux, et devient une Ă©trange satire quâil nâose pas vraiment assumer pleinement dans sa fiche WikipediaâŠ
Au fond, je reste un hypocrite: je refuse de me lancer dans un RPG car je ne veux pas affronter la centaine dâheures requises par son trophĂ©e platine, je ne veux pas me lancer dans Red Dead Redemption ou GTA4 car je ne veux pas parcourir une carte immense pleine de missions et dâobjectifs secondaires,⊠Et pourtant, jâai passĂ© une centaine dâheures Ă dĂ©truire Ă peu prĂšs 75% des infrastructures de lâarchipel de Panao⊠MĂȘme sâil souffre de certains passages beaucoup trop frustrants (qui donne des lance-roquettes aux gardes?), ce jeu a une maĂźtrise parfaite de sa boucle de gameplay. Si bien que mĂȘme aprĂšs lâavoir terminĂ©, il est restĂ© installĂ© 2-3 semaines sur ma console: âOh allezâŠjuste une base de plus!â.
Du moins, tous ceux sortis sur PlayStation 3! ↩︎
Qui nâaurait rien Ă voir avec une autre agence gouvernementale amĂ©ricaine, non non non! ↩︎
