đź HAAK
Toujours friand de Metroidvanias, je me suis lancé dans ce petit jeu, sorti en 2020, pile-poil pour mon anniversaire. Décidément, quel cadeau.
Ha quel plaisir
TrĂšs proche dâun autre jeu du style, on commence dans des ruines futuristes, et lâon est de suite aux commandes de Haak, notre personnage principal, sorte de ninja au visuel Ă©trange mais trĂšs plaisant: sâil a bien un visage lorsque son avatar apparaĂźt Ă lâĂ©cran, le sprite ne dessine son visage que comme une boule noire, oĂč brillent ses deux yeux. Ce nâest pas gĂȘnant, et ça ne distrait en rien le plaisir de passer Ă lâaction.
Lâaction et les dĂ©placements sont un DĂLICE de tous les instants: Haak possĂšde donc une Ă©pĂ©e pour attaquer tout ce qui vient Ă proximitĂ©, et une espĂšce de grappin qui permet dâattaquer dans nâimporte quelle direction grĂące au stick droit, voire de se dĂ©placer lorsque les bons Ă©lĂ©ments de dĂ©cor sont prĂ©sents. En plus de cela, le dĂ©cor se compose de pas mal de morceaux cassables, Ă travers lesquels le joueur pourra (devra!) creuser son chemin pour progresser.
Mieux encore, contrairement Ă la direction prise par beaucoup trop de jeux, on a tout loisir Ă explorer Ă son aise, et la mort octroie au joueur des points quâil pourra Ă©changer contre divers bonus (bouclier, crĂ©dits, baisser la difficultĂ© du boss suivant,âŠ), sans que cela nâaltĂšre lâexpĂ©rience de jeu: on est donc libre dâessayer dix, cinquante, ou cent fois, ce passage mortel et totalement risquĂ© dont on espĂšre quâil permettra dâaccĂ©der Ă un secret.
Chaque parole mâennuie
MalheureusementâŠil y a une histoire. Le jeu a le trĂšs bon gout dâavoir un bouton âavance rapideâ pour passer tous les dialogues, et des flĂšches indiquant oĂč se trouve le prochain objectif de scĂ©nario, lorsque câest le cas, mais sinon⊠il aura le mauvais goĂ»t dâinterrompre plus dâune fois votre progression pour vous forcer Ă marcher Ă travers ce passage dâhistoire dont il a ENVIE que vous soyez le tĂ©moin.
Vraiment, je ne vais pas me rĂ©pĂ©ter, mais si vous avez vraiment envie dâĂ©crire autant de dialogue, peut-ĂȘtre que votre jeu serait mieux sous la forme dâun visual novel (ou dâune fanfic), car si jâavais envie de lire autant de texte, je jouerais Ă des chefs-dâoeuvres du genre, comme Fate/stay night ou Steins;Gate1.
LĂ âŠcâest difficile. DĂ©jĂ il y a cette tonne de dialogues partout, puis tous les 2-3 boss, notre perso se rĂ©veillera dans un flashback oĂč il faudra le faire MARCHER trĂšs lentement jusquâĂ un point dâavancement pour encore plus de dialogues, encore plus de dĂ©placements,⊠Câest infernal.
Mais le pire vient lorsque lâon est cette fois propulsĂ© dans le chateau de Alex Kidd in High Tech World, oĂč lâon se dĂ©placera de la mĂȘme maniĂšre, sans la moindre carte pour se repĂ©rer, et oĂč toutes les piĂšces se ressemblent. Avec en bonus, des ennemis armĂ©s de lasers qui peuvent two-shot. Un vĂ©ritable ennui, et une douche froide dâaction/exploration que le scĂ©nario justifie au sortir par âhaha câĂ©tait un monde virtuelâ. Vraiment, si vous vouliez Ă tout prix avoir un chateau japonais dans ton jeu, fallait faire un second jeuâŠ
Plaisir rétracté
Ă la fin du jeu, celui-ci va se scinder en plusieurs fins: une âmauvaiseâ si vous affrontez le boss final sans dĂ©truire les tours qui lui donnent son pouvoir, une âbonneâ si vous dĂ©truisez les tours et continuez un peu, et une âsuperbeâ si vous allez dans le donjon final. Jây suis allĂ© par envie dâexplorer et de voir le fameux â100%â sâafficher Ă cĂŽtĂ© de chacune des cartes etâŠje le regrette, car câest Ă ce moment-lĂ que tous les dĂ©fauts du jeu me sont apparus.
DĂ©jĂ , lâexploration: si jâavais pris plaisir Ă sauter dans tous les sens, casser tous les murs, trouver tous les secrets, les amĂ©liorations,⊠jâai rĂ©alisĂ© que comme dans une autre expĂ©rience vidĂ©oludique, rien nâĂ©tait optionnel, et que les amĂ©liorations qui mâavaient paru optionnelles, ne lâĂ©taient pas, et quâen dehors de celles qui octroyaient de la puissance, toutes se sont avĂ©rĂ©es nĂ©cessaires pour terminer le jeu.
De plus, il mâest vite apparu que beaucoup trop de piĂšces reposaient sur les âlasers rougesâ, des lasers capables de one-shot le joueur et le renvoyant au dĂ©but de la piĂšce en cours. Bien sĂ»r, il est normal de forcer le joueur Ă rĂ©soudre certaines Ă©nigmes de dĂ©placement pour traverser une piĂšce, mais au bout dâun moment, leur omniprĂ©sence mâa parue aussi malvenue que celle des pics dans la sĂ©rie des Mega Man, comme sâil fallait que chaque piĂšce propose un challenge de dĂ©placement, sans ĂȘtre juste âFais comme tu sens, frĂšre, tâas les pouvoirs, tâes libreââŠ
Et enfinâŠle vrai donjon final des 100% a remis tous les pouvoirs Ă zĂ©ro. Ciao les amĂ©liorations, ciao le double-saut, ciao le dash qui permettait de parcourir certaines zones plus vite: Ă prĂ©sent, jâĂ©tais coincĂ© SANS CARTE dans un lieu LABYRINTHIQUE, avec des tĂ©lĂ©porteurs DANS TOUS LES SENS, pour retrouver mes pouvoirs. MĂȘme si lâexcuse est âte voici projetĂ© dans la psychĂ© dâune personne blablaâ et si un pseudo-schĂ©ma des lieux existait, il nây a rien de plus punitif que de proposer un challenge final qui ne soit pas une exploration des contrĂŽles du jeuâŠ
Bref, un trĂšs bon moment, si vous acceptez de vous rĂ©silier Ă la âbonneâ fin sans explorer plus, et si vous avez le bon gout de skipper tous les dialogues.
Ou des oeuvres qui mâintĂ©ressent particuliĂšrement, comme Policenauts ou Yu-no. ↩︎
